La pyrale du buis est en fait un papillon nocturne qui s’appelle Cydalina perspectalis. Il semblerait que sa prolifération puisse aboutir à la disparition des buis en Europe. Ceci tient à deux raisons : il n’a pas de prédateurs connus à ce jour et il est très bien adapté à notre climat. Il faut de plus être vigilant parce que si sa principale nourriture est le buis, en Asie Centrale d’où il est originaire, il s’attaque également au houx et aux fusains.

Qu’est-ce que la pyrale du buis ?

papillon pyrale du buis

Ce papillon nocturne appartient à la famille des Crambidae. Il présente une forme triangulaire, il a une envergure comprise entre 30 et 40 mm. De couleur blanc argenté ce qui le diffère des autres papillons de nuit, il est bordé de noir, exceptionnellement, il peut être tout brun. C’est un papillon colonisateur qui prolifère rapidement comme le caractérise l’entomologie. C’est la chenille qui mange les buis et qui y tisse des fils de soie. Elle ressemble étrangement à la piéride du chou.

Quand il est au repos, ses ailes sont à plat et dés qu’il est dérangé ou en activité, elles sont dressées. Contrairement à la plupart des papillons de nuit que nous connaissons, il se nourrit sans problème et il peut avoir de nombreuses pontes accélérant encore sa prolifération. Il est de plus très difficile à éradiquer, c’est pourquoi il est nécessaire de se protéger et de traiter vos buis décoratifs.

 champs de buis contaminés

Des champs de buis contaminés

La chenille se distingue par sa couleur vert clair, ses stries verts foncés longitudinaux et les verrues noires qui les incrustent. Elles possèdent trois paires de pattes et 5 paires de fausses pattes au niveau de l’abdomen. Si vous repérez des cocons de soie et de feuilles dans les buis, ce sont eux qui hébergent les jeunes chenilles. En mars, elles se précipitent pour grignoter les buis. Elles deviennent adultes en juin et c’est à ce moment que commence la fécondation. Les œufs sont pondus sous les feuilles et les larves dès l’été commencent à manger. Jusqu’en hiver, les pontes se poursuivent et à ce moment, le buis commence à être bien détruit.

Son cycle de vie

Pyrale du buis stades de développement

Les femelles ont la particularité de pondre entre 200 et 300 œufs par ponte. Ils éclosent en 48 heures, ils sont de formes aplaties, translucides et collées au dos des feuilles. Dès l’état larvaire, elles vont se montrer très gourmandes, elles muent quatre fois dans leur vie, c’est ce qui leur permet de grossir. Elles consomment à chacune de ces mues de plus en plus de nourriture. Pour reconnaitre les chenilles qui viennent de muer, regardez-la, la tête est plus grosse alors que le corps. La nymphose se fait rapidement.

Au départ celle-ci mesure 3 mm et elle est très difficile à voir. D’autant plus qu’elle reste cachée à l’intérieur du feuillage. Une fois qu’elles ont mué, elles grossissent et dévorent le dessous et le dessus des feuilles, c’est là qu’elles commencent à être visibles. Vous pouvez alors distinguer les fils de soie, ces derniers leur sont utiles pour se protéger et se déplacer. Votre buis à ce stade peut déjà avoir un aspect desséché, grillé.

Au stade 3, les chenilles sont capables de dévorer des feuilles entières, le buis commence alors à souffrir vraiment, il n’a plus la possibilité de faire de photosynthèse et il s’affaiblit. Au quatrième stade, celui qui est le plus destructeur pour le buis, les chenilles font de gros dégâts, car elles mangent toutes les feuilles, les petites tiges et elles peuvent même attaquer l’écorce, on assiste alors à une défoliation du buis. Ce qui est une entrée pour les champignons et les maladies qui de ce fait finissent par le détruire sans utilisation de fongicides efficaces.

Les chenilles une fois qu’elles ont un mois atteignent leur taille adulte, elles mesurent alors 4 cm. Elles s’immobilisent alors durant quelque temps, avant de se transformer en chrysalide au milieu des feuilles des brindilles et feuilles qui sont encore sur le buis. Quand elles sont récentes, elles sont de couleur verte et ensuite cette teinte devient peu à peu brun marbré. C’est trois semaines plus tard que les papillons font leur apparition et le cycle redémarre aussitôt.

cocon pyale du buis

La reproduction se fait toute l’année à condition qu’il ne fasse par vraiment froid. Le cycle d’œuf à œuf est de deux mois. Le cycle de la pyrale du buis ne connait aucune interruption. Le seul ralentissement a lieu entre novembre et mars. Par grand froid, les chenilles au stade 3 et 4 vont mourir en partie, les plus jeunes tissant leur cocon pour se protéger. Ces ravageurs sont de ce fait très prolifiques et dangereux pour les buis.

Les signes de la présence de la pyrale du buis

Plusieurs signaux permettent de repérer les pyrales du buis :

  • comme nous l’avons déjà évoqué, la pyrale du buis est différente des autres papillons de nuit. Ce sont surtout ses ailes aux reflets dorés qui la différencient ;
  • les chenilles sont également reconnaissables aux stries vert foncé et aux verrues marron ainsi qu’à leur tête luisante ;
  • le feuillage qui sèche ;
  • la présence de fines toiles ;
  • la présence de cocons et de déjections ;
  • entre juin et octobre, vous pouvez remarquer des vols de pyrales.

Les traitements pour lutter contre la pyrale du buis

1. Les traitements mécaniques

  • Dès le début de l’invasion et des premiers signes, mettez en place des pièges à phéromones. Vous les trouvez facilement sur Internet ou en jardineries. Ils visent à capturer une partie des papillons mâles et de réduire la ponte, pour cela il faut cependant que l’invasion ne soit pas trop importante.
  • Il est également possible de débarrasser les buis des chenilles à la main, il ne faut pas dans ce cas que beaucoup d’arbres soient infestés. Une fois ramassées, il suffit de les détruire en les brulant. Il n’existe aucun risque à le faire à la main, car elles ne sont pas urticantes.
  • Il est également possible de doucher les plantes au jet d’eau sous pression afin de déloger les œufs, les chrysalides et les chenilles en détruisant les toiles et les nids. Ce n’est pas forcément complètement efficace, mais ça aide.
  • Protégez vos buis non infestés avec une toile anti-insectes.
  • Vous pouvez également prendre un bâton surtout si vos buis sont de grande taille, et les taper ou encore les secouer pour les faire tomber au sol sur un tissu que vous aurez pris soin d’étendre au pied du buis. Il faudra ensuite bruler ou ébouillanter les chenilles.

2. Les traitements biologiques

La lutte biologique est possible contre ces parasites. Il existe un produit susceptible de les éradiquer.

L’insecticide biologique, le bacillus thuringiensis, est à pulvériser dès les premiers signes de la présence des pyrales du buis. Comment ça fonctionne ? En fait, cette bactérie est ingérée par les chenilles qui en meurent en seulement quelques heures.

Attention cependant

Ce produit étant sensible aux rayons du soleil, il faut faire le traitement, les jours où le ciel est gris (sans pluie bien sûr) ou en fin de journée. De plus le bacillus a une durée de vie très courte quand il est pulvérisé, il faut donc recommencer tous les 8 jours.

Les nématodes constituent une protection naturelle contre les larves de la pyrale du buis et le papillon. Ils luttent contre les larves qui se trouvent aussi bien sur les feuilles que dans le sol, ils sont sans danger pour la plante.

Le spinosad est un nouvel insecticide d’origine bactérienne et écologique qui permet de combattre les pyrales, mais également d’autres insectes comme les chenilles, la cochenille farineuse, les mouches mineuses, les doryphores, les psylles, les thrips, les teignes du poireau. Il tue les insectes qui sont en contact indirect avec le produit au niveau des pattes, mais également par ingestion. Il est fabriqué à base d’une bactérie que l’on trouve dans le sol.

L’Edialux est un insecticide biologique qui agit par contact direct et indirect également et qui tue les petits insectes.

3. Traitement naturel

Contre ces lépidoptères, on peut également avoir recours aux hyménoptères, c’est qui a été fait en Allemagne et dans la Drôme. Des petites guêpes ont été lâchées, elles tuent les œufs de la pyrale ce qui permettrait de réduire de 86% la présence de pyrales sur les plantes. Toutefois, d’après les résultats obtenus, l’efficacité de cette opération serait limitée à deux semaines, trop peu pour obtenir de bons résultats, mais pas inintéressant couplé à d’autres moyens.

Le Pyrethro est un produit phytosanitaire 100% végétal, constitué d’huile de colza et de pyrèthre naturel qui combat avec efficacité les cochenilles, les pucerons laginères, les mouches blanches et la pyrale du buis sur les arbres ornementaux. Il suffit de vaporiser la plante sans oublier le dessous des feuilles.

4. Recettes de grand-mère contre la pyrale du buis

  • Un ou deux bidons translucides coupés en deux, avec une ampoule en dessous. Il suffit ensuite de mettre du liquide vaisselle ou savon noir et de l’eau pour emprisonner les papillons. Il faut juste changer l’eau savonneuse tous les soirs. Cette technique n’est efficace qu’en complément d’autres traitements biologiques.
  • Fabriquez un spray à l’huile avec deux cuillères à soupe d’huile de canola et cuillère à thé de savon liquide, le tout mélangé à deux tasses d’eau. Pulvérisez les chenilles avec ce produit en étant généreux.
  • Il est également possible de tester les pulvérisations à base de vinaigre blanc ou d’huiles essentielles, mais l’efficacité n’est certainement pas suffisante pour se contenter de ces traitements.
La pyrale du buis : définition, cycle, signes et traitements
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