Si vous avez envie de faire construire, la première chose fondamentale concerne les fondations de votre maison. Ce sont elles qui garantissent la stabilité et la solidité de votre habitation. Si les fondations ne sont pas bien faites, dans quelques années, vous risquez de voir apparaître des fissures structurelles, des tassements et des infiltrations.  Il est donc primordial qu’elles soient réalisées dans les règles de l’art. Voici quelques conseils et explications pour faire le tour du sujet.

Qu’est-ce que les fondations d’une maison ?

exemple de fondations maison

Les fondations permettent d’implanter solidement une maison dans le sol en répartissant de façon cohérente les charges à supporter. C’est à partir des fondations que sont édifiés les murs de la maison qui pèse dessus de tout son poids. Ce n’est pas parce qu’elles sont invisibles qu’elles doivent être négligées, car elles jouent un rôle fondamental pour les différentes étapes de construction à venir. Elles sont ancrées dans le sol et elles se composent de béton, de pierres et d’armature. Il faut tout d’abord confier l’étude du sol à des experts afin que ceux-ci puissent déterminer la nature des fondations nécessaires et surtout la profondeur indispensable.

Elles seront plus ou moins profondes, plus ou moins renforcées en fonction du contexte géologique. Et cette étape ne peut pas être balayée, car elle est fondamentale pour la durée de vie de l’ouvrage. Elles peuvent également varier selon la nature de la construction : par exemple, pour une maison en bois, elles seront moins profondes. C’est cette étude qui permet d’assurer la stabilité de la construction. Certaines fondations peuvent atteindre 10 ou même 15 mètres de profondeur.

Leur construction requiert plusieurs étapes ; pour commencer, après le terrassement du terrain, des tranchées sont réalisées avec le plus souvent une mini pelle, puis un ferraillage, composé d’armatures dont la taille est sélectionnée en fonction de la nature et de la qualité du sol sera installé, enfin un béton approprié sera coulé, il constitue la base des fondations.

>> À lire aussi : Emprise au sol d’une construction : qu’est-ce que c’est et comment la calculer ?

Les différents types de fondations

Si de nos jours, toutes les fondations sont réalisées en béton armé, on distingue cependant trois types de fondations :

  • Les fondations superficielles: quand on parle de fondations superficielles, on évoque les radiers ou surfaciques, les semelles filantes ou linéiques et les semelles isolées, appelées également appuis ponctuels.
  • Les fondations semi-profondes: elles sont situées entre les fondations superficielles et profondes, les puits sont ferraillés et ils offrent la possibilité d’atteindre le sol de qualité, se trouvant généralement entre 3 et 5 mètres de profondeur.
  • Les fondations profondes: pour ce type de fondations, de nombreuses techniques peuvent être préconisées comme les pieux moulés, forés, les techno-pieux ou les micro-pieux notamment. Si durant un certain temps, les fondations profondes n’ont pas été utilisées dans la construction de maisons individuelles en raison de leur coût, les micro-pieux sont dorénavant plébiscités par les constructeurs, ceci étant en partie dû à la pression foncière.

L’importance de fondations de qualité

Les fondations d’une maison déterminent toute la solidité de la construction à venir. Ce sont elles qui assurent la stabilité des murs qui seront bâtis sur les fondations. Or des murs porteurs stables sont essentiels pour éviter les risques de fissures qui imposeront des travaux dans un avenir plus ou moins lointain. Des fondations mal réalisées peuvent entraîner certains problèmes qui sont tous à prendre au sérieux comme un affaissement de la maison. Cette situation peut alors devenir grave  dans les cas où il est impossible de rattraper les malfaçons et corriger les désordres engendrés. Présentant un réel danger pour ses occupants, l’habitation peut même être inhabitable. Il faudra alors s’entourer de professionnels qui évalueront son état et accompliront les travaux qui sont nécessaires.

Des fondations parfaitement effectuées en adéquation avec la nature du terrain et de la construction permettent de garantir votre sécurité. La semelle de fondation ou dalle de béton armé, présentant une forte concentration en ciment, renforce la structure et assure sa longévité dans le temps. Dans le cas contraire, votre maison finit par être endommagée gravement par les mouvements de la Terre. Il faut donc que le sol présente une bonne portance.

Les précautions avant de commencer les fondations (étude préalable géotechnique, identification des risques…)

Fondations en béton

© Yvelines tradition

L’étude de sol est un préalable incontournable avant d’entreprendre toute construction de fondations. D’ailleurs, la loi Elan de 2018, qui a pour but de sécuriser l’acte de construire, l’a rendu obligatoire dans les zones argileuses et dans ce cas c’est au vendeur du terrain qu’appartient l’obligation de joindre une étude géotechnique à la promesse de vente. Les décrets d’application, qui début 2019 ne sont pas encore publiés, préciseront les zones concernées et il n’est pas exclu que l’obligation de cette étude préalable soit étendue.

En tout cas, elle est vivement recommandée et peut réduire le montant de l’assurance « dommages-ouvrage », faciliter l’octroi des prêts bancaires, les recours et les indemnisations par les assurances en cas de malfaçons couvertes par la garantie décennale ou de sinistre. Le texte précise les zones sur lesquelles cette obligation s’applique : « celles exposées au phénomène de mouvement de terrain différentiel consécutif à la sécheresse et à la réhydratation des sols ». Autrement dit principalement les sols argileux. En cas d’absence de la fiche d’information, le vendeur ne peut plus s’exonérer de la garantie des vices cachés correspondante.

Il faut par ailleurs connaître les caractéristiques mécaniques du terrain et sa nature avant de débuter les travaux. Cette étude va permettre de choisir le système de fondations qui sera le plus adapté au contexte géologique. La reprise des fondations, surtout si elle intervient après l’expiration de l’assurance dommages-ouvrage, peut être très coûteuse.

L’objectif de cette étude de sol est de permettre au futur acheteur d’en connaître davantage sur le terrain avant de l’acquérir. En effet, les indications recueillies sur la nature du sol vous permettront de savoir quel type de fondations sera nécessaire, ce qui aura une incidence sur le prix de revient global de la maison. De vous-même, vous pouvez déjà repérer certains signaux comme des murets fissurés, le mortier qui a tendance à s’effriter, des arbres penchés, tout indice qui laisse penser que la parcelle est instable. Ne pas hésiter à mener une enquête auprès de la mairie et du voisinage, consulter les constructeurs locaux qui détiennent des informations intéressantes. Pour savoir si le secteur concerné est soumis à certains risques particuliers, consultez le site : georisques.gouv.fr.

Quelques exemples de terrains à problèmes :  un terrain argileux risque de gonfler en cas de fortes pluies et de se rétracter durant les périodes de sécheresse, certains sols présentent peu de résistance, c’est surtout vrai quand ils sont constitués de remblais, les terrains en pente exigent des fondations adaptées, ils peuvent dissimuler des cavités naturelles ou artificielles, ils peuvent être situés en zone sismique. Le document technique unifié (DTU) établit certaines normes par rapport au type de fondation à prévoir selon la conformation du terrain.

L’identification des risques se fait en faisant réaliser une étude géotechnique appelée G1. Elle permet de déterminer précisément les caractéristiques de la parcelle et de donner quelques indications pour bien réaliser les fondations. La G2 ou Missions Avant-Projet est plus précise, elle donne des informations concernant les principes applicables à la construction et l’adaptation du projet aux caractéristiques du sol et elle permet de faire une ébauche du plan de la maison en y intégrant les impératifs dimensionnels. Elle est aussi en mesure de donner une évaluation moyenne du coût, des délais d’exécution de votre habitation.

Il est également indispensable dévaluer les risques spécifiques à chaque terrain :

  • les aléas sismiques: il faut adapter ses fondations au niveau de sismicité de la zone en question.
  • un risque de sécheresse: elle n’assure plus la stabilité et peut provoquer des fissures. Il est préférable de prévoir un sous-sol général, un soubassement ou un vide sanitaire et il faut éviter de construire en pente.
  • des termites: sur la zone délimitée par les parois enterrées et les fondations, il faut placer une barrière insecticide.
  • des rejets industriels: il faut alors dépolluer.
  • la présence de radon: le radon est un gaz radioactif naturel que dégage le sol, il faut réaliser des réseaux étanches pour un puits canadien et prévoir une bonne ventilation.

Comment faire des fondations : les étapes

Ferraillage

La première étape consiste à préparer le terrain : elle se fait avant de couler les fondations. Avec une pelleteuse, il faut effectuer le tassement du terrain, et ensuite creuser la tranchée de fondation, appelée fouille, en respectant le plan de la maison à venir. Les tranchées de fondation sont généralement creusées à au moins soixante centimètres de profondeur sur une largeur d’au moins cinquante centimètres. Ces paramètres changent suivant la disposition de la maison et la nature de la parcelle. C’est avec un niveau laser qu’il faut vérifier la hauteur. Sans avoir réalisé d’étude de sol au préalable, vous ne pourrez pas déterminer les dimensions des tranchées.

Seconde étape, le ferraillage : les fondations d’une maison sont en béton armé, on pose tout d’abord des armatures en métal dans la tranchée de fondation, c’est ce qui est appelé le ferraillage. On peut employer du treillis soudé, du fer à béton et du chaînage pour renforcer la solidité de la maison. On dispose alors des cales de bois, tous les deux mètres, au fond de la tranchée ou une faible épaisseur de béton de propreté pour que l’armature ne soit pas en contact direct avec le sol. Ensuite, les armatures sont placées en fond de tranchée en les liant aux angles  avec des armatures de liaison. A l’aide de fil de fer, elles sont fixées les unes aux autres pour éviter qu’elles ne bougent quand sera venu le moment de couler le béton. Ensuite, des armatures, les attentes verticales, sont placées aux angles des futurs murs.. Ce sont elles qui lieront fondations et future construction. Évidemment les dimensions et le diamètre du ferraillage varient selon le plan de la maison et l’étude géotechnique.

Troisième étape, la préparation des fondations : une fois le ferraillage bien posé, il faut couler le béton pour qu’il recouvre parfaitement toutes les armatures sauf les attentes verticales, c’est le dallage. Il doit être uniforme et recouvrir l’ensemble des fondations. Il est coulé en une seule fois, il faut donc bien calculer la quantité nécessaire. Il est impératif de le couler dans un angle et de l’étaler aussitôt avant qu’il ne sèche. Égalisez bien la chape en surface et laissez sécher une semaine avant de passer à l’ élévation des murs et du plancher en hourdis et poutres.

Quelles profondeurs pour une fondation ?

Empiriquement, il est risqué d’indiquer à quelle profondeur il faut faire ses fondations. Seuls une étude du sol approfondie et un plan de l’ouvrage à réaliser est à même de donner une mesure exacte. Ce n’est pas un simple calcul mathématique qui va pouvoir la déterminer, cette tâche n’est pas à portée du particulier. L’étude géotechnique et la charge que va faire peser la construction rentrent en ligne de compte. Ce n’est que quand les plans ont été validés que la profondeur peut être évaluée. L’étude géotechnique vous délivrera des conseils concernant la profondeur nécessaire et le type de fondations à prévoir.

Le prix

Le prix des fondations varie en fonction de différents paramètres : la profondeur, la superficie de la maison au sol, sa complexité, sa forme et le tarif pratiqué par l’entreprise.

Voici quelques éléments pour se faire une idée : pour des fondations profondes, il faut compter environ 220 euros au m³ et pour des fondations semi-profondes 150 euros du m³. Ce qui revient pour une maison de 100 m² au sol à un prix compris entre 10 100 euros au minimum et 20 200 euros au maximum avec une moyenne de 15 150 euros. Tous les tarifs donnés sont TTC, toutes taxes comprises. Ils ont été calculés en faisant la moyenne de prix sur différents sites de construction.

Les coûts fluctuent en fonction des entreprises et de divers paramètres, il faut donc faire établir des devis une fois que le projet est complètement prêt et que l’étude géotechnique est réalisée pour avoir un prix réellement juste.

Sur le même sujet :

Fondation de maison : le guide
4.7 (94.36%) 39 votes