Ah, octobre, ce mois où les arbres se parent de couleurs flamboyantes avant de se délester de leur feuillage. Et si, au lieu de râler parce que le jardin est recouvert de feuilles mortes, on voyait ça comme une aubaine ? Oui, car ces feuilles ne sont pas des déchets. Ce sont de véritables pépites pour enrichir le sol, nourrir la biodiversité et alléger nos poubelles. Alors aujourd’hui, je vous propose de transformer cette corvée saisonnière en une belle aventure compostable.
Les feuilles mortes dans le cycle naturel du sol
Dans la nature, rien ne se perd : les feuilles tombées au sol se décomposent lentement, nourrissant micro-organismes, insectes et champignons. Cette matière organique, appelée litière forestière, constitue un compost naturel. En reproduisant ce processus chez soi, on soutient la vie du sol tout en améliorant sa structure.
Le compost issu de feuilles mortes est riche en carbone (ce qu’on appelle un “matériau brun”) et vient équilibrer les déchets de cuisine, souvent riches en azote. Ce duo carbone-azote est la base d’un bon compost maison.
Les bons gestes pour réussir son compost de feuilles mortes
Composter des feuilles mortes n’est pas difficile, mais quelques astuces vous éviteront d’attendre deux ans avant d’en voir le résultat ! Voici mes conseils de jardinière engagée :
| Astuce | Pourquoi c’est utile ? |
| Broyer les feuilles | Feuilles entières = décomposition lente. Un petit passage au broyeur ou à la tondeuse, et le compost démarre plus vite. |
| Alterner avec du vert | Les feuilles seules sont pauvres en azote. Alternez avec des déchets verts : épluchures, marc de café, tontes fraîches. |
| Éviter certaines feuilles | Les feuilles de noyer, chêne, platane ou laurier sont longues à se décomposer. À mettre en petite quantité. |
| Aérer régulièrement | Un compost compacté étouffe. Remuez-le toutes les deux semaines pour activer la décomposition. |
| Maintenir l’humidité | Un compost trop sec ne “travaille” pas. Arrosez légèrement si besoin, surtout en automne sec. |
Les erreurs courantes à éviter quand on débute le compost de feuilles
On apprend souvent en faisant, mais autant éviter les faux pas classiques :
| Erreur | Conséquence |
| Ne mettre que des feuilles | Le compost devient trop sec, il se compacte et stagne. |
| Laisser un tas en plein vent | La matière s’envole, sèche et se dégrade mal. |
| Ne pas vérifier l’humidité | Trop d’eau = odeurs. Pas assez = compost figé. |
| Utiliser des feuilles malades | Risque de propager des maladies dans votre potager. À éviter absolument. |
Les autres façons de valoriser les feuilles mortes dans le jardin
Vous n’avez pas de composteur ? Pas de souci, les feuilles mortes sont polyvalentes ! Voici quelques idées malines pour les valoriser autrement :
| Idée | Avantage |
| Paillage naturel | Étalez-les autour des arbres, haies et massifs : elles protègent le sol du froid, limitent les mauvaises herbes et nourrissent les vers de terre. |
| Abri pour la faune | Laissez un tas dans un coin : hérissons, insectes et amphibiens y trouveront refuge pour l’hiver. |
| Couvre-sol pour potager au repos | Sur les planches nues, une couche de feuilles freine l’érosion et prépare le terrain pour le printemps. |
| Ingrédient pour lasagnes de permaculture | Parfaites dans une lasagne : une couche de carton, de feuilles, de déchets verts et votre sol se transforme sans bêchage ! |
Les bienfaits écologiques du compostage automnal
En compostant vos feuilles mortes :
- Vous réduisez vos déchets (jusqu’à 30 % en poids l’automne !).
- Vous créez un amendement naturel, gratuit et local.
- Vous participez à la régénération des sols, à la préservation de la biodiversité et à la lutte contre l’appauvrissement des terres.
Et au passage, vous donnez un vrai coup de main à votre jardin, qui vous le rendra au printemps.
Une touche finale pour les passionnés de nature et d’humus
Finalement, composter les feuilles mortes, c’est un peu comme cuisiner une bonne soupe : il faut les bons ingrédients, un peu de patience, et l’envie de nourrir ceux qu’on aime. Le sol, les plantes, les insectes, tout ce petit monde dépend de nos gestes.
Alors à vous qui aimez sentir l’humus sous vos bottes, qui rêvez de fleurs éclatantes ou de tomates juteuses, ne voyez plus les feuilles mortes comme une corvée, mais comme une promesse de vie. Et si vous testiez cette année un petit coin “tas de feuilles sauvages” pour accueillir les hérissons ? Ou une lasagne de permaculture en version automnale ? Ce sont parfois les idées les plus simples qui transforment notre lien à la terre.
Et vous, qu’avez-vous déjà testé ? Partagez vos astuces maison, vos ratés et vos coups de génie compostables.











