Le carrelage rectifié a la cote parce qu’il est surtout très esthétique. C’est un carrelage très régulier qui n’a pratiquement pas de joint et qui offre un rendu lisse. Il est très élégant et apporte une touche luxueuse à votre pièce. Nous vous proposons de vous expliquer comment il est fabriqué, de vous donner ses avantages, ses inconvénients, son prix et de vous indiquer comment le poser.

Qu’est-ce qu’un carrelage rectifié ?

Le carrelage rectifié a subi un traitement différent du carrelage classique ou plus précisément une étape supplémentaire qui s’appelle la rectification. Cette dernière intervient après que le carreau ait été cuit. Une machine spécifique recoupe tous les bords à l’aide d’un disque diamanté. Après cette opération, tous les carreaux sont parfaitement identiques.

Ce qui n’est pas le cas des carreaux classiques, en effet après la cuisson ces derniers présentent de légères variations. Celles-ci sont dues à la contraction lors de la cuisson de la céramique. De plus, les bords peuvent présenter quelques imperfections, ils sont un peu tombants ou bombés. La rectification permet de gommer ces défauts pour obtenir une arrête parfaitement rectiligne et un angle bien droit.

Pourquoi opter pour le carrelage rectifié plutôt que le non-rectifié ?

La pose du carrelage rectifié est un exercice très délicat

La pose du carrelage rectifié est un exercice très délicat. Si vous ne pensez pas avoir les compétences nécessaires, faites appel à un professionnel. © Ceramicafrance

Le carrelage rectifié présente une différence essentielle, c’est qu’il n’est pas nécessaire de faire des joints visibles. Ces derniers sont très fins, offrant une surface très contemporaine au niveau du sol de votre pièce. Il est très « déco » et esthétique et convient parfaitement aux styles décoratifs design et moderne. Le carrelage rectifié est maintenant très présent dans les magasins de bricolage et de ce fait, vous avez le choix entre de nombreux coloris et finitions, correspondant à tous les goûts.

Combien ça coûte ?

Du fait, du traitement supplémentaire qu’il a subi au cours de sa fabrication, le carrelage rectifié est plus cher que le carrelage non-rectifié dans la même version. Il faut compter en plus environ entre 3 et 10 euros du m² selon les marques, la qualité et les finitions. Comme la pose du carrelage rectifié est un peu plus difficile, demandant beaucoup de précision et d’attention, si vous n’avez pas d’expérience dans le domaine, il est recommandé de vous adresser à un professionnel. Du coup les frais augmentent puisque celui-ci vous demandera entre 5 et 10 euros du m².

En effet, sa pose est minutieuse et plus compliquée que le carrelage classique qui ne demande pas de compétence particulière et qui autorise quelques erreurs qui peuvent être rectifiées assez facilement et se pose en moins de temps. L’autre élément essentiel tient à la qualité de la chape qui doit être parfaitement plane pour accueillir le carrelage rectifié.

Les avantages

La surface est beaucoup plus lisse et de ce fait plus moderne. Le fait que les dimensions soient exactement les mêmes apporte incontestablement une plus-value au niveau de la finition, la surface apparaissant plus plane et continue. Si la finesse des joints permet d’offrir un plus joli rendu esthétique, en revanche, ces derniers sont bien présents et doivent faire au minimum 2mm de large. Il est certes plus cher mais il donne une apparence plus luxueuse et plus raffinée.

Les inconvénients

Le principal inconvénient de ce carrelage est dû aux difficultés rencontrées lors de sa pose. Il est indispensable d’être un parfait bricoleur pour s’attaquer à ce type de chantier et avoir de bonnes connaissances concernant la pose du carrelage. En effet, c’est une pose qui exige énormément de précision, les erreurs n’étant pas récupérables. Dans le doute, il est préférable de faire appel à un professionnel ou de suivre un stage préparatoire.

Il faut également que la chape soit parfaitement lisse et plane pour recevoir ce style de carreaux. Vous ne pourrez pas poser ce carrelage bord à bord, c’est strictement interdit. Les normes DUT (documents techniques unifiés) vous obligent à mettre un joint d’au moins 2 mm. Si vous ne respectez pas cette règle, vous risquez de voir vos carreaux casser.

Attention

Le carrelage rectifié étant très fragile, il faut être très vigilant lors du transport. Il faut également porter des gants lors des différentes manipulations, car l’angle des carreaux est coupant. Attention aux coupures !

Comment poser du carrelage rectifié ?

La pose dite « scellée » (DTU 52.1)

Avant la pose des carreaux, il s’agit de réaliser une chape au mortier (sable, ciment et eau) d’une épaisseur de 4 cm minimum, afin de rattraper les niveaux et de recouvrir les différentes gaines qui courent sur le sol.
Une fois la chape terminée, les carreaux sont posés après humidification de celle-ci et saupoudrage de ciment pur.

La pose dite « collée » (DTU 52.2)

La pose collée consiste à poser les carreaux avec un mortier-colle directement sur le support. Celui-ci doit être propre, sec, sain et plan. Un ragréage préalable permet de rattraper les défauts de planéité.

Notre conseil

Selon la colle utilisée, il est recommandé de prévoir pour les carreaux dont la surface serait supérieure à 600 cm2 un double encollage. Celui-ci consiste à étaler de la colle au sol et à « beurrer » le dos des carreaux.

Concernant les carreaux céramiques pressés, les normes fixent une largeur de joint minimale :

  • pour un revêtement de sol en extérieur, la largeur minimale du joint doit être de 2mm si la superficie ne dépasse pas 120m² et 5mm si la superficie est supérieure à 120m²
  • pour un revêtement de sol en intérieur, la largeur minimale du joint doit être de 2 mm pour un joint réduit (carreaux à bords rectifiés) ou 4 mm pour un carrelage classique.

Sous condition que le support le permette, la pose collée est plus accessible aux non professionnels :

pose carrelage rectifié

Le carrelage rectifié offre un rendu très tendance et moderne @ Madibat

Préparez votre chape avant de débuter la pose

  • Vous devez déjà être certain que la chape est parfaitement plane, si jamais ce n’était pas le cas, vous devrez réaliser un ragréage du support.
  • Nettoyez la chape et bien la dépoussiérer
  • Vérifiez qu’elle soit complètement sèche.

Réalisez le calepinage du carrelage

Il s’agit d’une pose « à blanc » qui permet de déterminer certains critères comme l’ordre, l’emplacement, le nombre de carreaux par rangée et les coupes de carreaux à prévoir. Il faut le préparer avec soin, cela vous évite les erreurs durant la pose. Si les angles ou les murs ne sont pas droits, il faudra commencer la pause par le centre de la pièce que vous déterminerez en tirant les diagonales à partir des 4 coins. Si vos murs sont droits et bien perpendiculaires, réservez le côté le moins visible pour terminer la pose avec des carreaux coupés, forcément moins esthétiques.

Nos conseils

  • Achetez 10% de carrelage en plus pour compenser les découpes et les pertes éventuelles.
  • Si vous le posez sur un plancher chauffant, prévoyez des joints de 4 mm au lieu de 2 mm. Les carreaux risquent de se dilater sous l’effet de la chaleur et de casser.

Préparez et posez le mortier-colle

Faites votre mélange à moins que celui-ci ne soit déjà prêt. Délayez la poudre dans l’eau en respectant les proportions indiquées sur l’emballage. Mélangez avec une perceuse sur laquelle vous aurez adapté un fouet mélangeur jusqu’à obtenir une pâte souple et homogène.

A l’aide d’une truelle, étalez le mortier sur 1 m² environ et ensuite vous le répartissez et vous l’égaliser avec une spatule crantée que vous faites glisser sur le support en maintenant une épaisseur uniforme sur la partie encollée.

La pose en elle-même

  • Posez le 1er carreau sur le mortier-colle ;
  • Tapotez avec un maillet en caoutchouc pour l’enfoncer légèrement et le positionner correctement ;
  • Insérez des croisillons entre le carreau et le mur de départ (dans le cas d’une pose non centrée) ;
  • Mettez le 2e carreau parallèlement au premier en laissant un léger espace entre les deux ;
  • Tapotez avec le maillet pour bien le positionner ;
  • Veiller à bien retirer l’excès de mortier-colle entre les 2 carreaux ;
  • Insérez de nouveau des croisillons entre le 2ème carreau et le mur, puis entre les 2 carreaux ;
  • Procédez de la même façon jusqu’à la fin de la rangée et découper le dernier carreau aux dimensions de l’espace restant ;
  • Passez aux rangées suivantes en veillant à bien aligner les carreaux et n’hésitez pas à vérifier le niveau pour éviter les décalages en hauteur.
  • Une fois tous les carreaux posés et après le temps de séchage indiqué sur l’emballage, il vous suffit d’enlever les croisillons pour faire les joints fins.
  • Pour ce faire, étalez une couche de mortier-colle en insistant sur les joints.
  • Garnissez bien les joints et lissez à l’aide de la raclette en croisant les passes.
  • Une fois qu’ils commencent à sécher, nettoyez la surface avec une éponge et de l’eau pour enlever les résidus.

Votre travail est terminé, il ne vous reste plus qu’à admirer le résultat.

Le carrelage rectifié : le guide
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