Quand on pense à l’automne, on imagine bien sûr les champignons ! Novembre n’est pas trop tard pour partir en cueillette, au contraire : c’est encore un mois très généreux pour qui sait observer, marcher lentement et lever le nez du sol. Je vous embarque avec moi dans les sous-bois, entre mousse humide et troncs couverts de lichen, pour découvrir les trésors mycologiques que la nature nous réserve à cette saison. Préparez vos paniers (en osier, bien sûr !) et vos bons yeux, on y va.
Les variétés de champignons comestibles que l’on peut encore cueillir
On entend souvent que la saison des champignons se termine fin octobre. Pourtant, certains continuent de pousser jusqu’aux premières vraies gelées. En novembre, on peut encore remplir son panier avec des espèces savoureuses, pour peu que les conditions soient clémentes.
Voici quelques incontournables du mois :
| Nom du champignon | Où le trouver ? | Particularités |
| Pied-de-mouton (Hydnum repandum) | Forêts de feuillus et conifères | Charnu, croquant, au goût légèrement poivré |
| Trompette de la mort (Craterellus cornucopioides) | Bois humides et ombragés | Noire, en forme de trompette, goût intense |
| Chanterelle en tube (Cantharellus tubaeformis) | Forêts de conifères | Jaune-brun, très parfumée, pousse en groupes |
| Lépiote élevée (Macrolepiota procera) | Prairies, bords de chemins | Grand chapeau, excellent goût, à ne pas confondre avec les petites lépiotes toxiques |
| Tricholome de la Saint-Georges | Parfois encore présent en novembre doux | Champignon blanc à odeur de farine, souvent sous feuillus |
Ces espèces résistent bien aux températures fraîches et aiment les sols encore humides, conditions fréquentes en novembre. Bien sûr, chaque cueillette doit être précédée d’une identification rigoureuse : un guide mycologique ou l’aide d’un expert peut éviter bien des erreurs.
Les champignons à éviter absolument même en fin de saison
En novembre comme tout au long de l’année, certains champignons restent extrêmement dangereux, même s’ils sont beaux ou abondants.
Parmi les plus redoutables :
| Nom du champignon toxique | Dangers principaux |
| Amanite phalloïde | Mortelle, attaque le foie, ressemble à certains comestibles |
| Lepiota brunneoincarnata | Toxique mortelle, confusions fréquentes avec de jeunes lépiotes |
| Galerina marginata | Très toxique, pousse sur bois mort comme certaines espèces comestibles |
| Cortinaire orellanus | Très longue incubation (jusqu’à 2 semaines), endommage les reins |
Même en fin de saison, ces champignons peuvent être présents. C’est pourquoi je ne cueille jamais ce que je ne connais pas à 100 %. Une simple photo ne suffit pas toujours : la forme du pied, les lamelles, l’odeur, la couleur à la coupe, tout compte.
Les champignons dans les écosystèmes
Si l’on aime les champignons pour leur goût, il ne faut pas oublier leur rôle crucial dans la biodiversité. Ce sont de véritables ingénieurs du sol. Ils décomposent les matières organiques, recyclent les nutriments et forment des symbioses avec les racines des plantes.
Certains champignons mycorhiziens, comme les cèpes ou les truffes, aident les arbres à mieux absorber l’eau et les minéraux. En échange, ils reçoivent du sucre produit par la photosynthèse. Pas bête, la nature, non ?
Alors même si vous ne cueillez pas, une balade dans les bois pour observer les champignons, c’est déjà une manière de se reconnecter à la nature et de mieux comprendre son fonctionnement.
Des idées pour profiter de vos récoltes de novembre
Vous avez eu la chance de remplir votre panier ? Voici quelques idées savoureuses pour sublimer vos trouvailles :
| Champignon | Idée recette rapide |
| Trompettes de la mort | Séchées puis mixées pour faire une poudre magique à ajouter aux sauces |
| Pieds-de-mouton | Poêlés avec ail, persil et une touche de vin blanc |
| Chanterelles en tube | En omelette, ou dans une tourte forestière avec crème et échalotes |
| Lépiote élevée | Farcie au fromage et herbes, cuite au four |
Et si vous êtes du genre à penser à demain, sachez que la plupart de ces champignons se congèlent très bien une fois blanchis.
Quelques astuces pour prolonger la saison et inviter les champignons dans son propre jardin
On n’y pense pas toujours, mais il est possible de cultiver certains champignons chez soi, même en automne. Le pleurote, par exemple, pousse très bien sur bûche ou paille, même dans un garage ou une cave fraîche.
Vous pouvez aussi favoriser la biodiversité fongique dans votre jardin en :
- laissant des zones boisées ou enherbées sans trop intervenir ;
- mulchant avec du broyat de bois ou des feuilles mortes ;
- créant des microclimats humides (tas de bois, petits coins d’ombre, compost).
Ces petits gestes encouragent la venue spontanée de champignons, mais aussi d’insectes utiles, de vers de terre, et plus largement d’une vie souterraine riche et précieuse.
Pour aller plus loin, entre nature et potager
La cueillette des champignons est bien plus qu’une simple balade : c’est un vrai rituel de reconnexion à la terre, une manière de prolonger l’automne et d’ouvrir les yeux sur un monde souvent ignoré. Observer les champignons, c’est aussi apprendre à ralentir, à regarder au ras du sol, à écouter la forêt.
Si vous aimez jardiner, observer les oiseaux, semer vos légumes, récolter vos herbes, alors les champignons sont un complément parfait à votre passion. Ils parlent du sol, de l’humidité, du vivant invisible. Et qui sait ? Peut-être que cette saison vous donnera envie d’essayer de faire pousser vos propres pleurotes ou de lancer un mini coin forêt comestible.
En attendant, ouvrez grand les yeux lors de vos prochaines balades, et n’oubliez pas votre couteau, et un bon livre de terrain !











